Loi ALUR · Article 9-1
Assurance copropriété obligatoire : ce que dit la loi
Depuis le 1er janvier 2015, toute copropriété doit obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile. Garantie minimale, sanctions et obligations de chacun — expliquées simplement.
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- entrée en vigueur (loi ALUR)
- 2015
- des copropriétés concernées
- 100 %
- plafond RC syndicat courant
- 4–8 M€
L'assurance copropriété est-elle vraiment obligatoire ?
Oui : depuis la loi ALUR de 2014, toute copropriété — de 2 à 500 lots, sans aucune exception — doit souscrire au minimum une assurance responsabilité civile. Voici précisément ce que la loi impose, ce que vous risquez sans elle, et comment vérifier que votre immeuble est en règle.
Oui, c'est une obligation légale depuis le 1er janvier 2015
L'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose deux assurances distinctes : celle du syndicat des copropriétaires pour les parties communes, et celle de chaque copropriétaire pour sa partie privative. Aucune copropriété n'y échappe.
Deux obligations en découlent : celle du syndicat des copropriétaires (personne morale) pour les parties communes, et celle de chaque copropriétaire pour son lot. Le texte est entré en vigueur le 1er janvier 2015 : les contrats en cours à cette date devaient être mis en conformité à leur première échéance suivante.
L'obligation s'applique quel que soit le mode de gestion — syndic professionnel, bénévole ou coopératif — et quelle que soit la taille de l'immeuble, de la micro-copropriété au grand ensemble.
Article 9-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965
Introduit par l'article 58 de la loi ALUR du 24 mars 2014, il dispose : « Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. Le syndicat est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. »
Quelle garantie la loi impose-t-elle au minimum ?
La seule garantie strictement obligatoire est la responsabilité civile du syndicat. La multirisque immeuble, elle, reste facultative mais vivement recommandée.
La garantie imposée est la responsabilité civile du syndicat des copropriétaires. Elle couvre les dommages causés aux tiers par les parties communes ou par un manquement du syndicat : chute d'un élément de façade sur un piéton, accident dans un escalier mal entretenu, infiltration depuis la toiture chez un voisin, panne d'ascenseur causant un dommage corporel. Aucun plafond légal n'est imposé, mais les contrats standards proposent 4 à 8 M€.
Attention : cette RC minimale n'indemnise pas la copropriété elle-même pour ses propres dommages matériels. Un incendie, un dégât des eaux ou une tempête sur les parties communes ne sont couverts que par la multirisque immeuble (MRI) — facultative légalement, mais indispensable en pratique. Son surcoût par rapport à la RC seule n'est que de 20 à 30 %, pour une protection sans commune mesure.
| Ce qui est couvert | RC seule (minimum légal) | MRI complète (recommandée) |
|---|---|---|
| Dommages aux tiers (RC syndicat) | ✓ | ✓ |
| Incendie, explosion | — | ✓ |
| Dégâts des eaux | — | ✓ |
| Catastrophes naturelles, tempête | — | ✓ |
| Vandalisme, vol parties communes | — | ✓ |
La RC seule remplit l'obligation légale mais laisse l'immeuble sans indemnisation de ses propres dommages : la MRI comble ce vide pour 20 à 30 % de plus.
Quelles copropriétés sont concernées ?
Toutes, sans exception. La loi ne prévoit aucun seuil : une copropriété de 2 lots est soumise à la même obligation qu'un immeuble de 200 lots.
Sont concernées, à égalité :
- Les copropriétés verticales (immeubles classiques), de la petite copropriété au grand ensemble ;
- Les copropriétés horizontales (lotissements, domaines) ;
- Les copropriétés mixtes (habitation + commerces) et les micro-copropriétés à 2 ou 3 lots ;
- Les copropriétés en péril ou en plan de sauvegarde, qui doivent maintenir leur couverture pendant toute la procédure.
- Seuil de lots
- Aucun — dès 2 lots, l'obligation s'applique.
- Type d'immeuble
- Vertical, horizontal, mixte habitation-commerces.
- Non concernés
- SCI familiale détenant seule tout l'immeuble, indivision simple (pas de copropriété au sens juridique).
Seules échappent à l'obligation les structures qui ne sont pas des copropriétés au sens juridique : une SCI familiale détenant seule tout l'immeuble, ou une indivision simple. Dans ces cas, c'est l'assurance immeuble en monopropriété qui s'applique.
Que risque une copropriété non assurée ?
La loi ALUR n'a pas prévu de sanction pénale directe pour le défaut d'assurance. Mais les conséquences sont lourdes et concrètes.
Quatre risques majeurs pèsent sur une copropriété non assurée :
- Responsabilité personnelle des copropriétaires : en cas de sinistre non couvert, chacun paie sa quote-part des dommages — qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par lot.
- Mise en cause du syndic pour faute de gestion : il engage sa responsabilité s'il a laissé la copropriété sans assurance.
- Injonction judiciaire de souscrire sous astreinte, à la demande de tout copropriétaire ou du procureur.
- Blocage des ventes : les notaires refusent généralement de finaliser la vente d'un lot sans attestation d'assurance copropriété en cours.
En pratique, 99 % des copropriétés françaises sont assurées au minimum en RC. Le vrai enjeu n'est donc pas tant l'existence d'un contrat que son niveau de garantie et son tarif — d'où l'intérêt de le comparer régulièrement à chaque échéance.
Quelles sont les obligations de chaque copropriétaire ?
Au-delà de l'obligation collective du syndicat, la loi ALUR impose une obligation individuelle à chacun, selon sa situation.
- Propriétaire occupant : assurance multirisque habitation (MRH) couvrant son lot et sa responsabilité civile personnelle. Elle est indépendante du contrat de copropriété.
- Propriétaire bailleur : une assurance PNO (propriétaire non occupant) est obligatoire depuis ALUR, même si le locataire est lui-même assuré — elle couvre les périodes de vacance et les défaillances du locataire.
- Locataire : assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs (incendie, dégât des eaux, explosion), à fournir à la remise des clés puis chaque année.
Ces assurances individuelles ne couvrent jamais les parties communes — d'où la nécessité du contrat souscrit par le syndicat au niveau de la copropriété. Les deux niveaux sont complémentaires et tous deux indispensables.
Comment vérifier que votre copropriété est en règle ?
Cinq points à contrôler, utiles avant chaque assemblée générale ou avant la vente d’un lot.
- 1 Demander l'attestation d'assurance en cours
À réclamer au syndic : validité 12 mois maximum, avec la liste des garanties et le plafond de responsabilité civile.
- 2 Contrôler les plafonds de RC
4 à 8 M€ minimum pour une copropriété résidentielle standard, davantage avec équipements collectifs (ascenseur, chaufferie, piscine).
- 3 Vérifier le périmètre couvert
Toutes les parties communes doivent être incluses : immeuble, caves, parkings, locaux communs, espaces verts, équipements.
- 4 Confirmer la conformité au vote d’AG
Le contrat souscrit doit correspondre au type de garanties voté en assemblée générale (à recouper avec le procès-verbal).
- 5 Tenir les informations à jour
Tout changement — nouvel équipement, sinistre majeur, gros travaux — doit être déclaré à l'assureur pour maintenir la validité de la couverture.
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Questions fréquentes — Obligation d'assurance
Depuis quelle date exacte l'assurance copropriété est-elle obligatoire ?
L'assurance habitation des copropriétaires ne suffit-elle pas ?
Qui décide de souscrire l'assurance dans la copropriété ?
Une SCI familiale ou une indivision est-elle concernée ?
Le contrat doit-il être renouvelé chaque année ?
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