Loi ALUR · Article 9-1

Assurance copropriété obligatoire : ce que dit la loi

Depuis le 1er janvier 2015, toute copropriété doit obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile. Garanties minimales, sanctions et cas particuliers.

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Livre de droit sur un bureau
9-1 loi 1965
Article

Depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, toute copropriété — quelle que soit sa taille — doit obligatoirement souscrire au minimum une assurance responsabilité civile. Aucune exception n'est prévue par la loi.

Livre de droit ouvert sur un bureau
En vigueur depuis 2015

Cadre légal

Article 9-1 de la loi de 1965 — modifié par ALUR

« Le syndicat contracte une assurance couvrant sa responsabilité civile en raison des dommages causés aux tiers. » — extrait de l'article 9-1 introduit par l'article 58 de la loi ALUR du 24 mars 2014.

Concrètement : toute copropriété (2 lots ou 200 lots, syndic professionnel ou bénévole, copropriété verticale ou horizontale) doit souscrire au minimum la RC du syndicat des copropriétaires. Le texte est entré en vigueur le 1er janvier 2015.

Niveau de couverture

RC minimum obligatoire vs MRI complète

La RC est suffisante pour être en règle, mais la MRI complète protège réellement le patrimoine. Le surcoût n'est que de 20-30 %.

Obligatoire

Responsabilité civile syndicat

Le minimum légal — couvre uniquement les dommages causés aux tiers.

  • Dommages causés aux tiers par les parties communes
  • Responsabilité du syndicat en tant que personne morale
  • Recours de voisinage couverts
  • Plafond standard : 4 à 8 M€
  • Aucune couverture des dommages à l'immeuble lui-même
Recommandée

Multirisque immeuble complète

La protection complète qui couvre aussi les dommages matériels à l'immeuble.

  • Toutes les garanties de la RC
  • Incendie, explosion, dégâts des eaux
  • Catastrophes naturelles et événements climatiques
  • Vandalisme, vol parties communes
  • Surcoût : +20-30 % seulement vs RC seule
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Sanctions

Sanctions en cas de défaut d'assurance

Pas de sanction pénale directe, mais quatre conséquences juridiques et financières lourdes.

Conséquences du non-respect

Responsabilité personnelle des copropriétaires en cas de sinistre · Mise en cause du syndic pour faute de gestion · Injonction judiciaire de souscrire sous astreinte · Prise en charge totale des dommages par la copropriété (parfois plusieurs dizaines de milliers d'euros).

À faire pour être en conformité

  • Souscrire au minimum la RC du syndicat dès la création de la copropriété
  • Demander l'attestation annuelle à l'assureur pour la transmettre au syndic
  • Voter la souscription en AG ordinaire (majorité simple, article 24)
  • Comparer 3 à 5 devis tous les 2-3 ans pour optimiser
  • Conserver une continuité de couverture sans interruption

À éviter absolument

  • Laisser un contrat se résilier sans solution de remplacement
  • Souscrire la RC seule quand la MRI complète n'augmente que de 20-30 %
  • Ignorer une mise en demeure du syndic sur le défaut d'assurance
  • Croire qu'une petite copropriété est exemptée — aucune exception légale
  • Compter sur l'assurance habitation des copropriétaires pour les parties communes

Profils

Vos obligations selon votre profil

Au-delà de l'obligation collective du syndicat des copropriétaires, chaque copropriétaire (occupant ou bailleur) et chaque locataire a sa propre obligation individuelle introduite ou renforcée par la loi ALUR.

Propriétaire occupant

Doit souscrire une assurance habitation multirisque (MRH) couvrant la responsabilité civile et ses biens privatifs. Indépendante du contrat copropriété, qui ne protège que les parties communes.

Propriétaire bailleur

Doit souscrire une assurance Propriétaire Non Occupant (PNO) — obligation ALUR, même quand le logement est loué et le locataire assuré. Couvre le bailleur en cas de défaut d'assurance du locataire ou de vacance.

Locataire

Doit souscrire une assurance habitation couvrant au minimum les risques locatifs (incendie, dégât des eaux, explosion). Attestation à fournir à la remise des clés puis chaque année.

Conformité

Comment vérifier la conformité de votre copropriété

4 étapes simples pour s'assurer que votre immeuble respecte ses obligations — utile avant chaque AG ou avant la vente d'un lot.

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Étape 1

Récupérer l'attestation d'assurance auprès du syndic

Le syndic conserve le contrat d'assurance copropriété. Demandez-lui l'attestation annuelle à jour avec la liste des garanties et le plafond de couverture.

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Étape 2

Valider les garanties minimales loi ALUR

Vérifier que la RC syndicat est bien présente (obligatoire). Pour une couverture complète, contrôler aussi : incendie, dégâts des eaux, catastrophes naturelles, vandalisme, bris d'équipement.

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Étape 3

Présenter le bilan à l'AG annuelle

Le syndic doit inscrire à l'ordre du jour de l'AG la situation d'assurance : compagnie, garanties, cotisations, sinistres récents. C'est le moment pour voter un changement d'assureur si besoin.

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Étape 4

Archiver les attestations individuelles

Le syndic tient aussi un registre des attestations PNO et MRH transmises par les copropriétaires. Audit obligatoire en cas de vente d'un lot — pièce demandée par le notaire.

Cas particuliers

Cas particuliers et exceptions

Trois situations spécifiques — l'obligation s'applique pareillement à toutes.

Approfondissement

L'assurance copropriété obligatoire en pratique

Comprendre exactement ce que la loi impose, comment l'appliquer concrètement et quels sont les pièges à éviter dans la mise en conformité.

Que couvre exactement l'assurance obligatoire ?

L'obligation légale ne porte que sur la responsabilité civile du syndicat des copropriétaires. Concrètement, cette RC couvre les dommages causés aux tiers par les parties communes ou par un manquement aux obligations du syndicat : (1) chute d'un élément de façade qui blesse un piéton, (2) défaut d'entretien d'un escalier provoquant une chute, (3) infiltration depuis la toiture chez un voisin, (4) pannes d'ascenseur causant un accident corporel. La RC obligatoire n'indemnise pas le syndicat lui-même pour ses dommages matériels — c'est la multirisque immeuble (MRI) facultative mais fortement recommandée qui couvre ce volet.

Quelles copropriétés sont concernées ?

La loi ALUR ne prévoit aucune exception : toutes les copropriétés au sens de la loi de 1965 sont soumises à l'obligation. Cela inclut : (1) les copropriétés verticales (immeubles classiques) quelle que soit leur taille (de 2 à 500+ lots), (2) les copropriétés horizontales (lotissements, domaines), (3) les copropriétés mixtes (habitation + commerces), (4) les micro-copropriétés à 2 ou 3 lots, (5) les copropriétés en péril ou en plan de sauvegarde, qui doivent maintenir leur couverture pendant la procédure. Seules échappent à l'obligation les SCI familiales détenues par une seule famille (pas de pluralité de propriétaires distincts) et les indivisions simples (régies par d'autres règles).

Comment vérifier la conformité de sa copropriété ?

Cinq éléments à contrôler systématiquement :

  • Attestation d'assurance en cours : à demander au syndic et à vérifier annuellement. Validité 12 mois maximum.
  • Plafonds de RC adaptés : minimum recommandé 4-8 M€ pour une copropriété résidentielle standard. Au-delà pour les grandes copropriétés ou celles avec équipements collectifs (ascenseur, chaufferie, piscine).
  • Inclusion de toutes les parties communes dans le périmètre assuré (immeuble principal mais aussi caves, parkings, locaux communs, espaces verts, équipements collectifs).
  • Conformité aux décisions d'AG : l'assurance souscrite doit correspondre au type de contrat voté en assemblée générale (cf. PV d'AG).
  • Mise à jour des informations : tout changement (équipement nouveau, sinistre majeur, travaux importants) doit être déclaré à l'assureur pour maintenir la couverture.

Cas particulier des copropriétaires individuels

Chaque copropriétaire a aussi une obligation individuelle d'assurance pour sa partie privative, distincte de celle du syndicat. (1) Copropriétaire occupant : doit souscrire une multirisque habitation (MRH) couvrant son lot et sa RC personnelle. (2) Copropriétaire bailleur : sa MRH propre n'est pas obligatoire (le locataire doit s'assurer), mais une PNO (Propriétaire Non Occupant) est fortement recommandée pour couvrir les périodes entre locataires et les défaillances de l'assurance locataire. (3) Locataire : obligation d'assurance habitation depuis la loi du 6 juillet 1989 (article 7g). En cas de défaut, le bailleur peut soit résilier le bail, soit souscrire pour le compte du locataire en majorant le loyer. Important : ces assurances individuelles ne couvrent pas les parties communes — d'où la nécessité du contrat copropriété au niveau du syndicat.

FAQ

Questions fréquentes — Obligation d'assurance

Depuis quand l'assurance copropriété est-elle obligatoire ?

Depuis le 1er janvier 2015, en application de l'article 58 de la loi ALUR du 24 mars 2014 qui a introduit l'article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété. Toute copropriété, quelle que soit sa taille, est concernée.

Quelle est la garantie minimale obligatoire ?

La responsabilité civile du syndicat des copropriétaires. Elle couvre les dommages causés aux tiers par les parties communes ou par les actes de gestion du syndicat. Aucun plafond légal n'est imposé, mais les contrats standards proposent 4 à 8 M€.

Y a-t-il des exceptions pour les petites copropriétés ?

Aucune exception. Une copropriété de 2 lots est aussi soumise à l'obligation qu'un immeuble de 100 lots. Le texte de loi ne prévoit aucun seuil minimal.

Que se passe-t-il en cas de défaut d'assurance ?

Quatre conséquences : (1) responsabilité personnelle des copropriétaires en cas de sinistre, (2) mise en cause du syndic pour faute de gestion, (3) possibilité d'injonction judiciaire de souscrire sous astreinte, (4) prise en charge totale des dommages par les copropriétaires.

L'assurance habitation des copropriétaires suffit-elle ?

Non. L'assurance habitation couvre uniquement les parties privatives (le logement de chaque occupant). Elle ne couvre pas les parties communes ni la responsabilité du syndicat. Les deux assurances coexistent et sont indispensables.

Qui décide de souscrire l'assurance ?

L'assemblée générale des copropriétaires, à la majorité simple (article 24). Le syndic présente les devis et exécute la décision de l'AG. En cas d'urgence (résiliation, sinistre imminent), le syndic peut souscrire de sa propre initiative et faire ratifier en AG ultérieurement.

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