Législation · 24 mars 2014
Loi ALUR et assurance copropriété : ce qu'elle a rendu obligatoire
La loi ALUR du 24 mars 2014 a fait basculer l'assurance copropriété du facultatif à l'obligation légale, pour tous les acteurs : syndicat, occupants, bailleurs (PNO) et locataires. Décryptage complet.
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- promulgation de la loi ALUR
- 2014
- article clé (loi de 1965)
- 9-1
- acteurs visés par l'obligation
- 4
Qu'a rendu obligatoire la loi ALUR en copropriété ?
La loi ALUR a introduit l'article 9-1 dans la loi du 10 juillet 1965 : depuis elle, le syndicat des copropriétaires et chaque copropriétaire doivent obligatoirement s'assurer. Voici précisément le texte et sa portée.
Oui, l'assurance copropriété est obligatoire depuis la loi ALUR
La loi ALUR (Accès au Logement et Urbanisme Rénové) du 24 mars 2014 a généralisé l'obligation d'assurance à tous les acteurs de la copropriété : le syndicat pour les parties communes, chaque copropriétaire pour son lot, et — nouveauté — les bailleurs via la PNO. Entrée en vigueur au 1er janvier 2015.
Avant 2014, ni le syndicat des copropriétaires ni les copropriétaires eux-mêmes n'étaient légalement tenus de s'assurer : beaucoup d'immeubles étaient couverts par habitude et bon sens, mais rien ne l'imposait. En cas de sinistre non assuré, les copropriétaires répondaient sur leur patrimoine personnel, sans plafond.
La loi ALUR a inséré un article 9-1 dans la loi fondatrice du 10 juillet 1965. C'est ce texte, court mais structurant, qui sert aujourd'hui de socle à toute la mécanique assurantielle des copropriétés françaises.
Article 9-1 de la loi n°65-557 du 10 juillet 1965
Introduit par la loi ALUR, il dispose : « Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. Le syndicat est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. »
Qu'est-ce que la loi ALUR a concrètement changé ?
Elle a fait passer l'assurance copropriété d'une logique facultative à une obligation généralisée. Voici la chronologie et le contraste avant/après.
La loi ALUR, portée par la ministre Cécile Duflot, est née d'un constat alarmant : le rapport Braye de 2012 avait recensé près de 100 000 copropriétés en grande difficulté, soit 1,2 million de logements. Objectif du législateur : sécuriser les transactions, renforcer la gouvernance et prévenir la dégradation du parc privé. L'assurance obligatoire n'est qu'une mesure parmi d'autres, mais l'une des plus protectrices.
- 1965 Loi du 10 juillet 1965
Elle fonde le statut de la copropriété, mais n'impose aucune assurance.
- 2012 Rapport Braye
≈ 100 000 copropriétés en difficulté identifiées — le déclencheur politique.
- 24 mars 2014 Promulgation de la loi ALUR
Elle insère l'article 9-1 : l'assurance devient obligatoire pour tous les acteurs.
- 1er janv. 2015 Entrée en vigueur
Délai de mise en conformité pour les contrats en cours à leur première échéance suivante.
- 2017-2018 Immatriculation obligatoire
Toutes les copropriétés doivent s'inscrire au Registre national — mesure complémentaire ALUR.
Le contraste est net : là où l'assurance dépendait du bon vouloir de chaque copropriété, elle est désormais un devoir légal à quatre niveaux. La loi a même créé un mécanisme inédit permettant au bailleur de souscrire une assurance au nom d'un locataire défaillant (détaillé plus bas).
| Situation | Avant 2014 | Depuis 2015 (ALUR) |
|---|---|---|
| Assurance du syndicat | Facultative | Obligatoire (art. 9-1) |
| Copropriétaire occupant | Non imposée | MRH obligatoire |
| Propriétaire bailleur | Non tenu | PNO obligatoire |
| Locataire | Peu encadré | Risques locatifs obligatoires |
| Sinistre non couvert | Responsabilité personnelle illimitée | Couverture assurée à tous les étages |
En moins d'un an, la copropriété est passée d'une couverture aléatoire à une obligation d'assurance à tous les niveaux.
Qui est concerné par la loi ALUR ?
Quatre acteurs, chacun avec son obligation propre. Et toutes les copropriétés, sans exception de taille ni de type de syndic.
La loi organise l'obligation en cascade, du collectif à l'individuel :
- Le syndicat des copropriétaires : responsabilité civile pour les dommages causés aux tiers par les parties communes (article 9-1). C'est l'assuré obligatoire au niveau de l'immeuble.
- Le copropriétaire occupant : assurance habitation (MRH) incluant sa responsabilité civile, en résidence principale comme secondaire.
- Le propriétaire non-occupant (PNO) : nouvelle obligation ALUR, une assurance PNO même en l'absence de locataire, pour couvrir les périodes de vacance et les défaillances du locataire.
- Le locataire : assurance des risques locatifs (incendie, dégât des eaux, explosion), avec attestation à la remise des clés puis chaque année.
- Seuil de lots
- Aucun — de 2 lots à plusieurs centaines, l'obligation est identique.
- Type de syndic
- Professionnel ou bénévole : même obligation pour le syndicat.
- Type de copropriété
- Verticale (immeuble) comme horizontale (lotissement).
- Non concernés
- SCI familiale détenant seule l'immeuble, indivision simple — pas de copropriété au sens juridique.
Aucune exception géographique ni de taille : une micro-copropriété de deux lots est soumise aux mêmes règles qu'un grand ensemble. Seules échappent à l'obligation les structures qui ne sont pas des copropriétés au sens juridique, faute de pluralité de propriétaires distincts.
Le bailleur peut-il souscrire pour le locataire ?
Oui : c'est l'une des nouveautés les plus concrètes d'ALUR. Si le locataire ne s'assure pas, le bailleur peut le faire à sa place — sous conditions.
Le locataire doit fournir une attestation d'assurance habitation à l'entrée dans les lieux, puis chaque année. S'il ne le fait pas, le bailleur n'est plus démuni comme avant ALUR.
Après une mise en demeure restée infructueuse, le bailleur peut souscrire lui-même une assurance pour le compte du locataire et lui en répercuter le coût, majoré de 10 % maximum. Un mécanisme inédit pour faire respecter l'obligation sans passer par un contentieux long.
Attention aux exceptions : l'obligation d'assurance du locataire ne s'applique pas aux locations meublées (hors résidence principale) ni aux locations saisonnières. L'assurance y reste toutefois fortement conseillée : la seule PNO du bailleur couvre rarement l'intégralité des dommages, et la responsabilité civile du locataire demeure engagée en cas de sinistre touchant les voisins ou les parties communes.
Que risque-t-on à ne pas respecter la loi ALUR ?
La loi ALUR n'a pas prévu de sanction pénale directe. Mais les conséquences pratiques d'un défaut d'assurance sont lourdes.
Quatre risques majeurs pèsent sur une copropriété non conforme :
- Responsabilité personnelle des copropriétaires : en cas de sinistre non couvert, chacun paie sa quote-part des dommages, qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par lot.
- Mise en cause du syndic pour faute de gestion : il engage sa responsabilité s'il a laissé le syndicat sans assurance — sur ses fonds propres pour un bénévole, via sa RC pro pour un professionnel.
- Injonction judiciaire : tout copropriétaire peut saisir le tribunal pour faire souscrire l'assurance d'office, au besoin par un administrateur provisoire.
- Blocage des ventes : les notaires refusent généralement de finaliser la vente d'un lot sans attestation d'assurance copropriété en cours.
Près de 99 % des copropriétés françaises sont assurées au minimum en RC. Le vrai risque n'est donc plus l'absence de contrat, mais un niveau de garantie insuffisant ou un tarif mal négocié — d'où l'intérêt de comparer à chaque échéance.
Comment bien choisir ses assurances ALUR ?
Au-delà de l'obligation légale, trois réflexes évitent les pièges les plus fréquents observés sur les contrats de copropriété.
- 1 Vérifier les plafonds de garantie
Une RC syndicat à 1 M€ est souvent insuffisante pour un immeuble parisien ou multi-équipé. Confirmez que le plafond couvre la valeur de reconstruction du bâtiment plus un sinistre majeur.
- 2 Distinguer syndic professionnel et bénévole
Un syndic professionnel a sa propre RC pro. Un syndic bénévole doit s'assurer que la RC du syndicat couvre aussi son mandat — sinon il engage son patrimoine personnel en cas d'erreur de gestion.
- 3 Comparer 3 devis tous les deux ans
À garanties équivalentes, les contrats copropriété varient de 30 à 50 %. Faire jouer la concurrence à chaque échéance, appuyé par la loi Chatel, reste le levier d'économie le plus efficace.
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Questions fréquentes — Loi ALUR
Quand la loi ALUR est-elle entrée en vigueur ?
Pourquoi la loi ALUR a-t-elle imposé l'assurance copropriété ?
L'obligation PNO concerne-t-elle les biens hors copropriété ?
Que peut faire le bailleur si le locataire n'est pas assuré ?
Que risque-t-on en cas de non-respect de la loi ALUR ?
Toutes les copropriétés sont-elles concernées ?
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