Assurance multirisque immeuble
(MRI)

Le contrat qui protège l'immeuble lui-même et la responsabilité du syndicat : ce qu'il couvre, ce qu'il exclut, ce qu'il coûte, et comment le choisir sans se tromper de niveau de garantie.

  • La responsabilité civile du syndicat : obligatoire depuis la loi ALUR
  • Les dommages aux parties communes : incendie, dégâts des eaux, tempête
  • Dès 100 € par lot et par an, selon la taille
Hall d'entrée d'un immeuble ancien, boîtes aux lettres et départ d'escalier : des parties communes couvertes par la multirisque

Textes officiels

Loi de 1965, Code des assurances

Mis à jour le 25/09/2026

Garanties et prix relus

Un seul interlocuteur

Un courtier, de la comparaison à l'AG

Réponse sous 24 h

Gratuit et sans engagement

Qu'est-ce que l'assurance multirisque immeuble ?

La multirisque immeuble (MRI) est le contrat collectif qui protège les parties communes de la copropriété : façades, toiture, halls, escaliers, ascenseur, chaufferie, espaces verts, parkings. Elle couvre aussi la responsabilité civile du syndicat, pour les dommages que l'immeuble cause à des tiers.

Elle est souscrite par le syndicat des copropriétaires, personne morale (article 14 de la loi du 10 juillet 1965), et signée par le syndic en son nom. La prime est répartie entre les copropriétaires dans les charges.

Depuis la loi ALUR, la responsabilité civile du syndicat est obligatoire. La MRI complète va plus loin : elle indemnise aussi les dommages matériels subis par l'immeuble lui-même, ce que la responsabilité civile seule ne fait jamais.

Multirisque immeuble (MRI) : la fiche

Assuré
Le syndicat des copropriétaires
Signataire
Le syndic
Couvre
Parties communes, RC du syndicat
Ne couvre pas
Les logements et leur contenu
Obligatoire
La RC, depuis 2015

Les parties privatives relèvent de l'assurance habitation de chaque occupant.

Que couvre exactement l'assurance multirisque immeuble ?

De la toiture au sous-sol : ce qui peut arriver à chaque partie commune, et la garantie du contrat qui répond. La prise en charge exacte dépend des garanties souscrites.

  1. Toiture

    La tempête arrache des tuiles, la pluie s'infiltre dans les combles.

    Garantie : Événements climatiques

    Inclus
  2. Colonnes d'eau

    Une colonne commune fuit dans les murs et abîme plusieurs paliers.

    Garantie : Dégâts des eaux, recherche de fuite

    Inclus
  3. Ascenseur

    Panne accidentelle de la machinerie ou de la carte de commande.

    Garantie : Bris de machine

    Selon formule
  4. Escalier

    Un visiteur chute sur une marche abîmée et se blesse.

    Garantie : RC du syndicat

    Obligatoire
  5. Parking

    Une voiture prend feu, le plafond et les réseaux sont endommagés.

    Garantie : Incendie

    Inclus
  6. Chaufferie

    La chaudière collective explose ou tombe en panne.

    Garantie : Explosion, bris de machine

    Selon formule

Toujours dans une MRI

Responsabilité civile du syndicat · incendie et explosion · dégâts des eaux · catastrophes naturelles · tempête, grêle, neige · attentats

Jamais dans une MRI

Les logements et leur contenu · les biens des occupants · un défaut d'entretien manifeste · un sinistre déclaré hors délai · l'immeuble détenu par un seul propriétaire

Point clé : la responsabilité civile du syndicat, seule garantie obligatoire, n'indemnise pas la copropriété pour ses propres dommages. Un incendie, un dégât des eaux ou une tempête sur les parties communes ne sont pris en charge que par les garanties dommages de la MRI.
La MRI intervient aussi quand un sinistre part d'un logement mais touche les parties communes : une fuite qui abîme le palier est instruite avec la convention IRSI, qui organise la prise en charge entre l'assureur de l'immeuble et celui de l'occupant.

Les 3 niveaux
de garantie MRI

Les assureurs déclinent souvent la MRI en plusieurs niveaux. Les noms, les plafonds et les franchises changent d'un contrat à l'autre : voici la structure type, à comparer ligne à ligne avec votre contrat.

  1. Niveau 1

    Socle

    Les grands sinistres, sans les équipements.

    • Responsabilité civile du syndicat
    • Incendie, explosion, dégâts des eaux
    • Catastrophes naturelles, tempête, attentats
  2. Niveau 2

    Intermédiaire

    Adapté à la plupart des immeubles d'habitation.

    • Tout le socle
    • Vol et vandalisme des parties communes
    • Bris de machine, souvent inclus
    • Dommages électriques et protection juridique en option
  3. Niveau 3

    Étendu

    Pour les immeubles à équipements lourds : ascenseur, chaufferie, parking.

    • Tout l'intermédiaire
    • Dommages électriques
    • Protection juridique
    • Plafonds plus élevés
Ce qui compte, plus que le nom de la formule : les plafonds, les franchises et les exclusions écrits au contrat. Deux formules « intermédiaires » de deux assureurs peuvent indemniser très différemment le même sinistre.

Combien coûte
une assurance multirisque immeuble ?

Fourchette constatée : 100 à 350 € par lot et par an, soit environ 8 à 29 € par lot et par mois. Plus la copropriété est grande, plus le coût par lot baisse.

  • Petite copropriété

    2 à 10 lots

    180 à 350 €

    par lot et par an

    Syndic souvent bénévole, parties communes limitées.

  • Le cas le plus courant

    Moyenne copropriété

    10 à 50 lots

    150 à 280 €

    par lot et par an

    Ascenseur, parking, syndic professionnel.

  • Grande copropriété

    50 lots et plus

    100 à 220 €

    par lot et par an, dès

    Multi-équipements, gardien, services.

Fourchettes indicatives par lot et par an, pour un niveau de garanties intermédiaire — variables selon localisation, équipements et sinistralité passée. Tous assureurs confondus. Détail du calcul

À garanties égales, six leviers font varier la prime : la surface des parties communes (le premier), la localisation, les équipements, la sinistralité passée, le niveau de garanties et la franchise choisie. Le détail et les leviers d'économie sont sur la page prix de l'assurance copropriété.

MRI ou assurance habitation : quelle différence ?

Deux contrats complémentaires : la MRI ne dispense jamais les occupants de leur propre assurance, et inversement.

Tout ce qui est commun

La multirisque immeuble

  • Façades, toiture, hall, escaliers, ascenseur, chaufferie, parking
  • Souscrite par le syndic, au nom du syndicat
  • Payée par les copropriétaires, dans les charges
  • Responsabilité civile du syndicat : obligatoire (article 9-1)

Tout ce qui est privatif

L'assurance habitation

  • Le logement et les biens de l'occupant
  • Souscrite par chaque occupant, propriétaire ou locataire
  • Payée par l'occupant
  • Responsabilité civile de chaque copropriétaire : obligatoire (article 9-1)
Cas particulier : si un seul propriétaire détient tout l'immeuble (immeuble de rapport, SCI, bien hérité non divisé), il n'y a ni syndicat ni copropriété. C'est l'assurance d'un immeuble en monopropriété qui s'applique.

L'assurance multirisque immeuble est-elle obligatoire ?

Article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965

« Chaque copropriétaire est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre en sa qualité soit de copropriétaire occupant, soit de copropriétaire non-occupant. Chaque syndicat de copropriétaires est tenu de s'assurer contre les risques de responsabilité civile dont il doit répondre. »
Introduit par l'article 58 de la loi ALUR n° 2014-366 du 24 mars 2014. Lire sur Légifrance

En clair

  1. La RC du syndicat est obligatoire

    Pour toute copropriété, de 2 lots à plusieurs centaines, quel que soit le syndic : professionnel, bénévole ou coopératif.

  2. La MRI complète est un choix

    La loi n'impose pas les garanties dommages. Sans elles, le syndicat paie lui-même les réparations, donc les copropriétaires, selon leurs tantièmes.

  3. Le règlement peut l'imposer

    Le règlement de copropriété peut rendre la multirisque obligatoire pour l'immeuble. Détail sur la page assurance copropriété obligatoire.

Capital, plafonds, franchises : les chiffres à vérifier au contrat

Deux contrats au même prix peuvent indemniser très différemment. Trois chiffres, écrits aux conditions particulières, font la différence le jour du sinistre : ce sont les lignes surlignées.

Conditions particulières

Multirisque immeuble — Syndicat des copropriétaires

Adresse du risque
12 rue …
Capital assuré (bâtiment)
1 850 000 €
Plafond RC du syndicat
… €
Plafond recherche de fuite
… €
Franchise générale
… €
Franchise dégâts des eaux
… €
Échéance principale
1er janvier
  1. Le capital assuré

    Il doit correspondre à la valeur de reconstruction de l'immeuble. Trop bas, la règle proportionnelle réduit l'indemnité, même sur un petit sinistre (article L121-5 du Code des assurances). Il se revoit après des travaux importants et s'indexe sur le coût de la construction.

  2. Les plafonds

    Ils limitent ce que l'assureur paie par garantie : responsabilité civile, dégâts des eaux, recherche de fuite, bris de machine, dommages électriques. Un plafond de recherche de fuite trop bas laisse la copropriété payer les investigations dans les murs.

  3. Les franchises

    Elles restent à la charge du syndicat à chaque sinistre. Une franchise plus haute fait baisser la prime ; elle se choisit selon la trésorerie de la copropriété et la fréquence des petits sinistres, surtout les dégâts des eaux.

6 erreurs fréquentes en multirisque immeuble

Une MRI mal calibrée se découvre au moment du sinistre. Six erreurs à éviter avant de souscrire ou de reconduire le contrat.

  1. Sous-évaluer le capital assuré

    Le capital n'est pas revu pendant des années alors que le coût de la construction augmente : en cas de sinistre, l'indemnité est réduite en proportion. Faites réévaluer l'immeuble et indexez le capital.

  2. Confondre RC et MRI

    La responsabilité civile du syndicat ne couvre que les dommages causés aux tiers. Sans garanties dommages, un incendie ou un dégât des eaux sur les parties communes reste à la charge du syndicat.

  3. Choisir sur le seul prix

    Une prime basse peut cacher des franchises élevées, des plafonds réduits ou des exclusions sur les équipements. Comparez à garanties égales : mêmes plafonds, mêmes franchises, mêmes exclusions.

  4. Oublier les garanties utiles

    Bris de machine, protection juridique, dommages électriques sont souvent en option. Vérifiez-les dès que l'immeuble a un ascenseur, une chaufferie ou un parking.

  5. Déclarer trop tard

    Le contrat fixe un délai de déclaration, qui ne peut pas être inférieur à 5 jours ouvrés, 2 pour le vol. Au-delà, l'assureur peut opposer la déchéance s'il prouve un préjudice (article L113-2). Déclarez dès la découverte du sinistre.

  6. Reconduire sans comparer

    Le contrat se reconduit chaque année ; le syndicat peut le résilier à l'échéance avec un préavis de deux mois au moins (article L113-12). Faites comparer quatre mois avant l'échéance, pour voter en assemblée et résilier dans les temps.

Comment souscrire votre MRI en 4 étapes

De la demande de proposition à la mise en place, validée par l'assemblée générale.

  1. 1

    Décrire l’immeuble

    Taille, adresse, équipements, sinistres passés : deux minutes en ligne.

  2. 2

    Recevoir une proposition

    Un courtier compare les offres à garanties égales et vous adresse la plus adaptée, sous 24 h.

  3. 3

    Voter en AG

    L'assemblée choisit le contrat à la majorité des voix exprimées (article 24).

  4. 4

    Mettre en place

    Le syndic signe au nom du syndicat, sans rupture de couverture avec l’ancien contrat.

Vérifiez votre couverture

On relit le contrat en place, on repère les manques et on vous adresse une proposition, gratuitement.

Obtenir mon devis gratuit

Un sinistre sur les parties communes : la marche à suivre

Une fois le contrat en place, le syndic est l'interlocuteur de l'assureur de l'immeuble. Quatre étapes pour être indemnisé sans accroc.

Le délai de déclaration figure au contrat : au moins 5 jours ouvrés à compter de la connaissance du sinistre, 2 jours ouvrés en cas de vol (article L113-2 du Code des assurances).

  1. J

    Mettre en sécurité

    Le syndic fait exécuter les mesures conservatoires : bâchage, coupure d'eau, mise hors tension. Photos et témoignages dès le premier jour.

  2. J+5

    Déclarer

    Déclaration écrite à l'assureur de l'immeuble, dans le délai du contrat, avec les pièces qui décrivent le sinistre et les parties touchées.

  3. Expert

    Accompagner l'expertise

    L'assureur mandate un expert ; le syndic lui ouvre l'immeuble, fournit devis et factures, et coordonne avec les occupants touchés (convention IRSI pour les dégâts des eaux).

  4. Fin

    Faire réparer et rendre compte

    L'indemnité est versée au syndicat, déduction faite de la franchise ; le syndic fait réaliser les travaux et informe les copropriétaires.

Questions fréquentes sur l’assurance multirisque immeuble

L'assurance multirisque immeuble est-elle obligatoire ?

La responsabilité civile du syndicat l'est, pour toute copropriété, depuis la loi ALUR (article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965). La multirisque complète, qui couvre aussi les dommages aux parties communes, est facultative en droit mais indispensable en pratique ; le règlement de copropriété peut l'imposer.

Quel est le prix d'une assurance multirisque immeuble ?

En général 100 à 350 € par lot et par an, soit environ 8 à 29 € par mois. Plus la copropriété est grande, plus le coût par lot baisse : une grande copropriété démarre vers 100 € par lot, une petite se situe plutôt entre 180 et 350 €. La localisation, les équipements et la sinistralité font aussi varier la prime.

Quelle est la différence avec mon assurance habitation ?

La MRI couvre les parties communes et la responsabilité du syndicat ; elle est souscrite par le syndic. L'assurance habitation couvre votre logement, vos biens et votre responsabilité ; vous la souscrivez vous-même. Les deux contrats coexistent.

Que couvre exactement l'assurance multirisque immeuble ?

Au minimum la responsabilité civile du syndicat, l'incendie, les dégâts des eaux, les catastrophes naturelles, les événements climatiques et les attentats. Selon le niveau de formule : vol et vandalisme, bris de machine, dommages électriques, protection juridique.

Comment réduire le coût de la multirisque immeuble ?

Faire comparer le contrat à garanties égales avant l'échéance, ajuster la franchise à la trésorerie de la copropriété, retirer les garanties sans objet (pas de bris de machine sans ascenseur ni chaufferie), entretenir l'immeuble pour limiter les sinistres, et sécuriser les accès. Voir les leviers sur la page prix.

Combien de temps prend la souscription ?

La proposition arrive sous 24 h. Le changement de contrat se vote en assemblée générale, à la majorité des voix exprimées (article 24), puis la résiliation de l'ancien contrat suit l'échéance annuelle avec un préavis de deux mois au moins : il faut donc s'y prendre plusieurs mois avant l'échéance.

Qui est l'assuré : le syndicat ou les copropriétaires ?

Le syndicat des copropriétaires, personne morale (article 14 de la loi du 10 juillet 1965). Le syndic, professionnel ou bénévole, signe le contrat et déclare les sinistres en son nom. Les copropriétaires en bénéficient à travers le syndicat, sans être assurés en nom propre.

Et si je possède l'immeuble entier, sans copropriété ?

Il n'y a alors ni syndicat ni copropriété : c'est l'assurance d'un immeuble en monopropriété qui s'applique, avec un contrat unique pour tout l'immeuble et la responsabilité du bailleur.

La MRI couvre-t-elle un sinistre qui vient d'un logement ?

Pour les dommages aux parties communes, oui : si une fuite part d'une canalisation privative et abîme le palier, la MRI prend en charge le palier. L'occupant reste responsable côté privatif, via son assurance habitation. Les dégâts des eaux et incendies sont répartis entre assureurs par la convention IRSI.

Que faire en cas de refus d'indemnisation ?

Contester par écrit auprès de l'assureur avec les pièces justificatives, puis saisir son service réclamations. En dernier recours, le Médiateur de l'assurance, gratuit, peut être saisi. La protection juridique, si elle est souscrite, prend en charge les frais d'un éventuel procès.

Que se passe-t-il si la copropriété est sous-assurée ?

Si le capital déclaré est inférieur à la valeur réelle de l'immeuble, l'assureur applique la règle proportionnelle (article L121-5 du Code des assurances) : l'indemnité est réduite dans le rapport entre la valeur assurée et la valeur réelle. Exemple : 800 000 € assurés pour un immeuble qui en vaut 1,2 million, l'indemnité est réduite d'un tiers.

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Sources