Gestion· 4 min de lecture· Mis à jour le 26 mai 2026

Qui paie l'assurance copropriété ?

Comprendre la répartition des charges d'assurance copropriété entre les copropriétaires et les modalités de paiement.

Le principe de base

L'assurance copropriété (contrat MRI — multirisque immeuble) est souscrite par le syndic au nom et pour le compte de tous les copropriétaires. Cette assurance couvre les parties communes de l'immeuble.

Important : tous les copropriétaires participent au financement de l'assurance copropriété, même ceux qui ne sont pas présents lors du vote en assemblée générale.

Comment est répartie la prime d'assurance ?

Répartition selon les millièmes

La prime d'assurance copropriété est répartie entre tous les copropriétaires au prorata de leurs quotes-parts (millièmes) dans les parties communes.

Exemple de calcul

  • Prime annuelle : 2 400 €
  • Total millièmes : 1 000
  • Votre lot : 50 millièmes
  • Votre part : (50 × 2 400) ÷ 1 000 = 120 €

Facteurs influençant la répartition

  • Superficie du lot
  • Valeur relative du bien
  • Quote-part définie dans le règlement
  • Type de lot (résidentiel/commercial)

Modalités de paiement

Paiement par provisions

La prime d'assurance est généralement incluse dans les charges courantes et payée par provisions trimestrielles.

Calendrier type

  • Janvier, avril, juillet, octobre : versement des provisions.
  • Assemblée générale : approbation des comptes et régularisations.

Cas particuliers

Changement d'assureur

Une régularisation peut être nécessaire en cas de changement d'assureur en cours d'année.

Nouveaux copropriétaires

Les acquéreurs participent au prorata temporis de leur période de détention.

Que faire en cas de difficultés de paiement ?

Le non-paiement des charges d'assurance peut entraîner des poursuites et, in fine, la suspension des garanties pour l'ensemble de la copropriété.

Solutions possibles

  • Étalement des paiements
  • Délais de paiement accordés par le syndic
  • Aide juridictionnelle si nécessaire
  • Médiation avec le syndic

Conséquences des impayés

  • Mise en demeure
  • Majoration des charges
  • Procédure de recouvrement
  • Saisie conservatoire possible

À retenir

  • Tous les copropriétaires participent obligatoirement.
  • Répartition selon les quotes-parts (millièmes).
  • Paiement par provisions trimestrielles.
  • Pas de possibilité de refus individuel.
  • Conséquences graves en cas d'impayés.
  • Solutions d'étalement possibles.

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent sur la répartition et le paiement de l'assurance copropriété.

Un copropriétaire peut-il refuser de payer l'assurance copropriété ?

Non. L'assurance copropriété est obligatoire et tous les copropriétaires doivent participer à son financement selon leurs quotes-parts (millièmes).

Que se passe-t-il si je vends mon appartement en cours d'année ?

Vous restez redevable des charges jusqu'à la date de vente. L'acquéreur prend le relais à partir de cette date. La régularisation se fait au prorata temporis.

Les locataires paient-ils l'assurance copropriété ?

Non. Seul le propriétaire du lot paie les charges de copropriété, y compris l'assurance. Les locataires ont leur propre assurance habitation, distincte de la MRI souscrite par le syndic.

Comment contester le montant de ma quote-part d'assurance ?

La contestation doit porter sur le calcul des millièmes défini dans le règlement de copropriété, pas sur le principe de répartition lui-même. La modification des millièmes nécessite un vote en AG à la majorité prévue par la loi.

Que risque la copropriété en cas d'impayés d'assurance ?

Le non-paiement peut entraîner une mise en demeure, une majoration des charges, une procédure de recouvrement et, in fine, une suspension des garanties pour l'ensemble de la copropriété — avec un risque majeur en cas de sinistre.

Bailleur ou locataire : qui paie l'assurance copropriété ?

Le propriétaire-bailleur seul paie l'assurance copropriété, qui couvre les parties communes. Cette charge est non récupérable sur le locataire — elle ne figure pas dans la liste fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987 (charges récupérables limitatives). En revanche, le bailleur peut souscrire en plus une assurance PNO (Propriétaire Non Occupant) pour couvrir son lot loué entre deux locataires ou si le locataire n'a pas d'assurance ; cette PNO est, elle aussi, à la charge exclusive du bailleur.

Comment la quote-part d'assurance est-elle calculée ?

La répartition suit les tantièmes de parties communes générales définis dans l'état descriptif de division (EDD) du règlement de copropriété. Pour un immeuble standard : un T2 de 45 m² aura par exemple 65/1000ᵉˢ, un T4 de 90 m² aura 130/1000ᵉˢ — la prime totale est multipliée par ce ratio. Pour des équipements spécifiques (ascenseur, chaufferie), des tantièmes différents peuvent s'appliquer si l'EDD le prévoit (par étage par exemple).

Quel recours en cas de non-souscription d'assurance par le syndic ?

Si le syndic n'a pas souscrit la RC obligatoire pour le syndicat, tout copropriétaire peut : (1) mettre en demeure le syndic par lettre recommandée avec AR de régulariser sous 30 jours, (2) saisir le conseil syndical pour convoquer une AG extraordinaire, (3) en dernier recours, saisir le tribunal judiciaire pour faire désigner un administrateur provisoire. Le syndic engage sa responsabilité personnelle en cas de sinistre survenu pendant la période non assurée — d'où l'intérêt de la garantie « RC syndic bénévole » en option.

Combien coûte en moyenne la quote-part d'assurance par lot ?

Sur la base d'une prime totale moyenne de 275 €/lot/an, voici les fourchettes observées par profil : (1) petite copropriété 2-10 lots : 200-400 €/lot/an (effet d'échelle limité), (2) copropriété moyenne 10-50 lots : 220-300 €/lot/an, (3) grande copropriété 50+ lots : 180-250 €/lot/an. Les variations dépendent surtout du code postal (régions à risque climatique +20 à 30 %), des équipements collectifs (+10 % par équipement majeur), et de la sinistralité passée.

Le syndic bénévole peut-il être indemnisé pour son temps ?

Non, par définition : le statut bénévole exclut toute rémunération pour la fonction. Cependant, le syndic bénévole peut être remboursé de ses frais réels engagés (déplacements, fournitures de bureau, timbres, copies — sur justificatifs), via un vote en AG à la majorité simple. Ces remboursements ne sont pas considérés comme du salaire et ne sont pas soumis à cotisations sociales tant qu'ils restent ponctuels et justifiés. Au-delà, le risque est une requalification en travail dissimulé.

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