Responsabilités· 7 min de lecture· Publié le 21 septembre 2026

Bailleur en copropriété : faut-il une assurance PNO ?

« L'immeuble est assuré, mon locataire aussi, je suis couvert. » C'est l'erreur classique du copropriétaire qui loue. La MRI de l'immeuble et l'assurance du locataire laissent des trous que seule une assurance PNO comble — et qui, en copropriété, répond à une obligation légale. Voici pourquoi et dans quels cas.

Pourquoi nous lire avant d'agir

Un copropriétaire qui loue superpose trois contrats sans toujours le savoir : la MRI de l'immeuble, l'assurance du locataire et, s'il l'a souscrite, sa propre PNO. Chacun couvre une zone précise, et entre les trois subsistent des angles morts — vacance locative, locataire non assuré, sinistre non imputable — qui coûtent cher quand personne ne les a anticipés.

Nous accompagnons des copropriétés sur leur assurance d'immeuble. Cet article clarifie qui couvre quoi, cite les textes (loi de 1965 modifiée par la loi ALUR, loi de 1989), et montre pourquoi la PNO n'est pas un doublon mais le maillon qui referme la chaîne pour le bailleur.

Trois contrats, trois rôles distincts

Pour comprendre l'utilité de la PNO, il faut voir ce que couvre — et surtout ce que ne couvre pas — chacun des autres contrats. Aucun ne se substitue aux deux autres.

ContratQui le porteCe qu'il couvre
Multirisque immeuble (MRI)Le syndicat (syndic)Parties communes, RC du syndicat
Assurance habitation locataireLe locataireRisques locatifs, ses biens
Propriétaire non occupant (PNO)Le copropriétaire bailleurLe lot loué, sa RC de propriétaire

La question de qui finance la MRI de l'immeuble est traitée à part dans notre guide sur qui paie l'assurance copropriété.

Ce que couvre l'assurance PNO

La PNO intervient là où les autres contrats s'arrêtent. Elle protège le logement et la responsabilité du propriétaire quand aucune autre garantie ne joue, en complément de la MRI et de l'assurance du locataire.

Ce que la PNO prend en charge

  • Dommages au logement pendant une vacance
  • Recours des voisins et des tiers
  • Sinistre d'origine non locative (bâti)
  • Carence d'un locataire non assuré

Ce qu'elle n'est pas

  • Une garantie loyers impayés (GLI distincte)
  • Une couverture des biens du locataire
  • Un remplacement de la MRI de l'immeuble

Obligatoire ou simplement recommandée ?

La réponse dépend du contexte. En copropriété, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965, issu de la loi ALUR, impose à chaque copropriétaire — y compris le bailleur — d'être assuré au moins en responsabilité civile pour son lot. Souscrire une PNO est le moyen direct de respecter cette obligation tout en protégeant le bien.

Le locataire, de son côté, doit assurer les risques locatifs (article 7 g de la loi du 6 juillet 1989). Ces deux obligations sont indépendantes : l'assurance du locataire ne dispense pas le bailleur, et inversement. Hors copropriété, la PNO n'est pas légalement exigée mais reste fortement conseillée pour couvrir les mêmes trous.

Les trous de garantie que la PNO referme

Logement vacant

Entre deux locataires, aucune assurance de locataire n'existe. Un dégât des eaux ou un incendie qui survient à ce moment ne serait couvert par personne, sauf par la PNO.

Locataire non assuré

Si le locataire a laissé son assurance se résilier, le bailleur se retrouve exposé. La PNO prend le relais et évite de supporter seul un sinistre.

Sinistre non imputable

Un dommage lié au bâti (vétusté, vice) n'est pas de la responsabilité du locataire. La PNO couvre ces causes propres au logement du propriétaire.

Ces situations rejoignent la question plus large de la responsabilité : notre article sur le responsable d'un dégât des eaux en copropriété détaille qui répond de quoi selon l'origine du sinistre.

Que faire concrètement : la marche à suivre

1. Vérifier l'existant

  • Confirmer que la MRI de l'immeuble est active
  • Demander l'attestation du locataire chaque année
  • Repérer les périodes de vacance à venir

2. Souscrire la PNO

  • Couvrir la RC de propriétaire et le bâti
  • Vérifier la prise en charge en vacance
  • Contrôler les plafonds et la franchise

3. Compléter si besoin

  • Étudier une garantie loyers impayés à part
  • Coordonner les déclarations avec le syndic
  • Conserver toutes les attestations

Questions fréquentes

Les questions qui reviennent le plus souvent chez le copropriétaire bailleur.

Un copropriétaire bailleur doit-il s'assurer en plus de la copropriété ?

Oui. La multirisque immeuble (MRI) couvre les parties communes et la responsabilité civile du syndicat, pas le lot loué ni la responsabilité propre du copropriétaire. Depuis la loi ALUR, l'article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 impose à chaque copropriétaire — occupant ou bailleur — de s'assurer au moins en responsabilité civile pour son lot. L'assurance propriétaire non occupant (PNO) répond à cette obligation et va au-delà.

L'assurance du locataire ne suffit-elle pas ?

Non, elle ne couvre pas le bailleur. Le locataire doit assurer les risques locatifs (loi du 6 juillet 1989, article 7 g) : incendie, dégât des eaux dont il est responsable. Mais cette assurance protège le locataire, pas le propriétaire, et laisse plusieurs trous : dommages pendant une vacance locative, sinistre dont l'origine n'est pas imputable au locataire, ou carence d'un locataire non assuré. La PNO comble ces situations.

Que couvre exactement une assurance PNO ?

La PNO couvre le logement loué et la responsabilité du propriétaire quand aucune autre assurance ne joue : dommages au logement pendant une période sans locataire, recours des voisins et des tiers, sinistre d'origine non locative (vice de construction, défaut d'entretien du bâti), et prise en charge en cas de défaut d'assurance du locataire. Elle intervient en complément de la MRI de l'immeuble et de l'assurance du locataire.

La PNO est-elle obligatoire pour louer en copropriété ?

En copropriété, l'obligation d'assurance responsabilité civile du copropriétaire (article 9-1 de la loi de 1965, issu de la loi ALUR) s'applique aussi au bailleur : il doit donc être assuré au moins en RC pour son lot, ce que fait une PNO. Hors copropriété, la PNO n'est pas légalement imposée, mais elle reste très fortement recommandée. Souscrire une PNO est le moyen simple de respecter cette obligation et de se protéger.

PNO et assurance loyers impayés, est-ce la même chose ?

Non. La PNO est une assurance de dommages et de responsabilité portant sur le logement et le bâti. La garantie loyers impayés (GLI) est une assurance distincte, qui couvre le risque financier de non-paiement du loyer et les dégradations locatives. Les deux sont complémentaires mais répondent à des besoins différents : l'une protège le bien, l'autre le revenu locatif.

En cas de dégât des eaux dans le logement loué, qui déclare ?

Cela dépend de l'origine. Si le sinistre part d'une partie commune, le syndic déclare au titre de la MRI. Si l'origine est privative et imputable au locataire, celui-ci déclare à son assurance. Si le logement est vacant ou si le locataire n'est pas assuré, le bailleur mobilise sa PNO. La répartition entre assureurs suit ensuite la convention IRSI pour les dégâts des eaux.

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